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Cette cité lacustre du sud du Bénin, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1996, est située au nord de Cotonou. Surnommée "la Venise de l'Afrique", elle regroupe quelques milliers de cases en bois, sur pilotis, en bambou, couvertes de pailles ou de tôle, et compte aujourd'hui environ 30 mille habitants, les hommes de l’eau ou Toffinous. Son origine remonterait au XVIIIe siècle, à l'époque où des razzias esclavagistes ont poussé les populations de la région à venir se réfugier dans les marécages du lac, afin d'échapper à un triste sort.
La population de Ganvié ne cesse de croître, et les maisons sur pilotis s'avancent de plus en plus profondément à l'intérieur du lac Nokoué.
L’activité principale est la pêche pour laquelle les Toffinous utilisent principalement une technique particulière : le pâturage aquatique ou acaja. Après avoir soigneusement entretenu six mois durant leur acaja, pâturage aquatique planté et clôturé de fascines qu'ils possèdent sur le lac, les pêcheurs peuvent enfin procéder à la récolte : ils entourent l’acaja d’un filet plombé puis arrachent les fascines disposées à l’intérieur et ainsi peuvent capturer les poissons. Ils pêchent aussi à l’épervier ou avec de petites nasses barrant les fossés.
Le village lacustre de Ganvié est uniquement accessible par bateau. Situé à 8 km de l’embarcadère d’Abomey-Calavi, il faut une vingtaine de minutes de bateau à moteur, pour le rejoindre.
Nous croisons des pirogues aux petites voiles multicolores fabriquées de toiles cousues ensemble. Elles transportent des pêcheurs allant ou revenant de la pêche mais aussi transportant des brassées de fascines pour les acajas.
Dans le village, d’autres pirogues portent des femmes faisant du commerce autour du « marché couvert » (pontons bancals couverts de tôles). Comme dans les autres marchés, on trouve ici tout ce qui est nécessaire à la vie : fruits, légumes, tissus, charbon mais aussi livres de classe, boîtes plastiques, récipients divers, paniers…
Le poste d’eau potable est pris d’assaut par des pirogues contenant de grands récipients : un préposé distribue l’eau qui est achetée et ensuite transportée vers les maisons par des livreurs.
Quelques maisons en dur apparaissent au détour d’une rue (car il y a des rues, même si pour nous, elles sont difficiles à repérer !). Parmi les constructions, nous découvrons les maisons communautaires d’enfants déjà construites sous l’impulsion de IDPêche. Une autre de ces maisons, en bois et sur pilotis, est en cours de construction : le plancher posé sur les piliers est le terrain de jeu de jeunes enfants encore en vacances, trop heureux d’avoir un peu d’espace pour s’ébattre.
Un autre « terrain » nous est présenté comme devant accueillir bientôt l’école communautaire soutenue par AJNMB et financée, pour moitié, par le conseil Régional d’Aquitaine.
Notre progression au milieu de cet enchevêtrement de constructions est ralentie et même empêchée par la profusion des jacinthes d’eau qui envahissent le lac. La lutte contre cette espèce invasive est une priorité car elle perturbe grandement le fragile équilibre de ce système lacustre.
Nous terminons notre tournée sur le lac Nokoué par un rendez-vous avec le maire de Sô Ava, commune de 80 000 habitants dont dépend Ganvié. Il nous accueille avec plaisir et nous félicite pour avoir mené à bien le projet soutenu par IDPêche : obtenir les financements pour la maison communautaire d’enfants.| Juin 2012 | ||||||||||
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