Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /Oct /2009 18:00

Lorsque Geneviève a découvert cette technique, elle a souhaité en savoir davantage et rapidement, participer à une formation.

C’est à Angers, auprès de l’association créatrice, « Bolivia Inti » qu’elle a appris à utiliser "l’engin", à savoir en faire la démonstration et à pouvoir parler de ses caractéristiques techniques.

Cet appareil ayant déjà rencontré un vif succès dans d’autres pays africains et d’Amérique du sud, elle avait bien perçu le bénéfice que pouvaient en tirer les communautés que nous devions rencontrer au Bénin.

Mais elle n’avait certainement pas évalué le triomphe qu’il remporterait !

Dès la première démonstration du cuiseur économiseur de bois - c’est de lui dont il s’agit - les femmes, conquises, ont tout de suite voulu l’adopter et garder l’unique modèle disponible !

Adrienne a reçu des appels de femmes d’autres villages, averties sur les marchés par les premières, qui voulaient, elles aussi, constater de leurs yeux les avantages de ce système !

Un chef-village a été dépêché par ses concitoyens jusque chez Adrienne et Lucien, pour que nous allions les rencontrer et leur faire la démonstration.

Et chaque fois, même étonnement, même enthousiasme, même souhait de garder le seul cuiseur disponible !

Toutes les familles des villages en veulent un… et on comprend pourquoi à la vue de ses performances :
Environ 4l d’eau sont chauffés en 4 à 6 minutes grâce à une petite poignée de brindilles ou de déchets prélevés autour des maisons (noix de coco, feuilles de palme, déchets ligneux secs).
Il permet de préparer le repas pour une famille de 6 personnes.
Il est transportable, ce qui est très utile en périodes de crues ou dans les champs pour préparer le repas sans rentrer à la maison.
Son fût reste froid grâce à l’isolation procurée par la cendre déposée à l’intérieur et il dégage peu de fumée.
Un modèle plus petit pourrait servir sur les pirogues de pêcheurs.
Plus de corvée de bois quotidienne, plus de prélèvements intempestifs sur la forêt !

Mais nous avons l’impression d’avoir fait un cadeau empoisonné à Adrienne et Lucien car ce sont des centaines de cuiseurs qui sont réclamés !

Les villageois se sont déjà mis en quête de soudeurs pour dénicher le meilleur prix et faire établir des devis. La meilleure estimation actuelle est de 40 € (27 000 CFA) somme encore trop élevée pour eux. Ils cherchent d'autres devis moins chers.

Ils proposent d’en payer une partie en échelonnant le remboursement sur l’année et demande à ID Pêche et l’AJNMB, "avec l’aide de Dieu et de nos amis", de les aider à l’acquisition de l’engin !

 

Par Geneviève et Nicole
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Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /Oct /2009 18:00

Pour arriver au village d’Awamé (commune de Comé) nous suivons la piste qui longe les bassins versants du lac Ahémé.

A la saison des pluies (de mi-mars à mi-juillet) les fortes précipitations ravinent champs et chemins entraînant la terre vers le lac Ahémé, ce qui participe à son comblement.

ID Pêche, toujours dans le souci de préserver le milieu naturel et donc les ressources halieutiques, s’est associée à un programme des Nations Unies pour fixer la terre des bassins versants par la plantation de diverses essences : eucalyptus, teck, acacia, arbres fruitiers.

Des propriétaires de parcelles des communes de Comé, Grand Popo et Bopa toutes sur les bassins versants du lac Ahémé, ont reçu gratuitement des plants d’arbres et se sont engagés à respecter un cahier des charges concernant l’entretien des parcelles, la taille des arbres et leur coupe.

Les femmes d’Awamé nous accueillent sous l’arbre à calebasses. Elles nous présentent leur village, leurs activités, leurs difficultés et leurs souhaits.

Leur vie s’est améliorée avec la construction, initiée par ID Pêche, de foyers économiques en argile et de fumoirs Chokor individuels. Un système d’entraide permet petit à petit à toutes les familles d’en posséder.

Un fumoir, avec ses 3 claies, permet en une seule fois de traiter autant de poissons qu'en 8 fournées d'un fumoir traditionnel.

L’AGR*, dans ce village, est la cuniculture : élevage de lapins dans des cages sur pieds sous de petits hangars bien ventilés.

Sur le lac, les hommes pêchent les poissons aux filets et les femmes, les crabes à la balance. Cette dernière pêche est une ressource très importante pour l’économie familiale. Comme les femmes ne possèdent pas de pirogues, elles sont obligées d’en louer et donc sont tributaires du bon vouloir des propriétaires. La location d’une pirogue est de 500F CFA pour une journée de pêche d’environ 10h.

Elles voudraient avoir leurs propres pirogues pour choisir leurs périodes de pêche, ne pas payer de location et diminuer ainsi le prix de revient de la pêche aux crabes. S’engageant à participer financièrement à cette acquisition, elles demandent à ID Pêche et AJNMB de les aider dans ce projet.

Un éleveur de lapins demande de l’aide pour construire un hangar plus vaste et en dur. En aparté, une femme glisse à l’oreille d’Adrienne : « Il n’a pas demandé de construction en dur pour accueillir les enfants mais il en demande une pour les lapins ! »

*AGR : Activités Génératrices de Revenus

Par Geneviève et Nicole
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 18:00

Sur le bord des routes vous pouvez vous approvisionner en essence à n’importe quelle heure du jour et de la nuit.

Des particuliers vendent une essence peu chère, souvent de mauvaise qualité, mélangée à de l’huile, peu filtrée. Elle vient du Nigéria, pays voisin.

Le revendeur stocke sa marchandise dans quelques gros bidons et la présente sur son étal dans toutes sortes de récipients : bouteilles plastique, bouteilles en verre, dame-jeanne...

Pour prendre du carburant, vous vous arrêtez devant l’étal et le vendeur, armé d’un entonnoir emmanché d’un long tuyau, verse dans le réservoir de n’importe quel véhicule, la quantité d’essence demandée.

Ce commerce marche bien malgré les risques : en premier incendie mais aussi arrêts et redémarrages intempestifs, risque de collisions.

« Par soucis de sa population » le gouvernement a décidé, il y a quelques mois, tout à trac, d’interdire cette vente pour que la distribution se fasse uniquement dans les stations services. Face à cette décision, les revendeurs ont tout simplement fermé boutique.

Le réseau de distribution par les stations n’étant pas suffisant, au bout de trois jours, la pénurie s’est faite sentir : particuliers, administrations, ministères, tout le monde était à l’arrêt !

Le gouvernement a été obligé de reconnaître la nécessité de ce commerce et a donné son autorisation pour que ce type de vente reprenne.
Il comptait sur des rentrées fiscales et voulait donner satisfaction au lobby pétrolier détenteur des stations.
Les béninois en ont décidé autrement !

 

 

Par Geneviève et Nicole
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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /Oct /2009 18:00

Samedi 12/09 de 15h à 19h visite de 5 des 44 villages de pêcheurs de la commune de Grand Popo (environ 41 000 habitants) : Nicoué- Zobedji, Nicoué-Kondji, Gbéhoué Ouatchi, Gbéhoué Pédah, Gbéhoué-Adimato.

Après des accueils chaleureux, nos échanges tournent autour des solutions qu’ils tentent de trouver pour améliorer leur vie quotidienne.

Dans 2 des villages, des maisons d’enfants en dur accueillent une centaine d’enfants chacune et remplissent bien le rôle qui leur est dévolu.

Dans les 3 autres, seules des maisons provisoires (sol en béton, toit en tôle, murs en roseaux) avec une seule salle, sans sanitaire ni cuisine ne peuvent accueillir, dans de mauvaises conditions, que la moitié des enfants susceptibles d’y être acceptés. Les villageois, conscients de l’importance des maisons d’enfants et pressés de voir leur construction, sont prêts à donner des heures de travail pour la construction (mortier, montage des murs, main d’œuvre...)

Ces communautés, comme les autres, ont créé des AGR* pour améliorer leur alimentation et leurs revenus. Mais elles manquent de moyens financiers pour les développer et les pérenniser.

Elevage de lapins : la case, construite par leur soin, nécessite un nouveau toit qui ne soit ni en roseaux ni en tôle pour éviter maladie et stress.

Maraîchage : l’arrosage se fait actuellement, grâce à des motos pompes à essence, remontant l’eau des puits. L’utilisation de l’essence multiplie par 4 les coûts de production par rapport à une alimentation électrique indisponible pour le moment dans ces villages. Le souhait des villageois est l’installation de transformateurs électriques qui permettrait d’alimenter correctement les motos pompes, les salles de classes et les habitations. Mais le coût de chaque transformateur avoisine les 12 millions CFA (environ 20 000 €) impossible à supporter par les populations et que l’Etat ne peut pour l’instant assumer.

Pisciculture : les villageois ont creusé les bassins mais manquent de moyens financiers pour les terminer et acheter les alevins.

Malgré leur énergie et leur bonne volonté évidente, les difficultés qui s'accumulent ne leur permettent pas d'améliorer notablement leurs conditions de vie.

*AGR : Activités Génératrices de Revenus

 

Par Geneviève et Nicole
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /Oct /2009 18:00

Adeptes de sensations fortes, optez pour les motos-taxis, les Zem ! A Cotonou, leurs conducteurs sont revêtus d’une chasuble jaune avec un numéro d’identification. Après un simple geste de la main pour les arrêter, vous devez discuter le prix de la course avant d’enfourcher la moto. Et là, l’aventure commence : dépassement à droite des voitures, circulation à contre sens, ignorance des feux rouges et des priorités !

Dans les villes comme à la campagne, ces nuées de motos servent au transport des personnes comme des marchandises : famille complète (parents et 3 enfants), femmes allant au marché, planches de bois, réfrigérateur, panières entassées, sacs de grain… Et au milieu, quelques aventuriers : les cyclistes qui pédalent comme des dératés !

Des "taxis brousse" transportent les passagers sur les distances plus importantes. Les passagers sont parfois 4 par banquette : on peut ainsi voir des véhicules avec 12 voire 14 passagers !
Les minibus, pour les longues distances, sont "gavés" de paquets et de passagers : l’entassement des colis sur le toit, égale la hauteur du minibus ! Ne croyez pas que ça s’écroule au moindre cahots : tout est bien arrimé ! En chemin, ils s’arrêtent n’importe où et repartent sans prévenir.

Les personnes plus argentées, louent un chauffeur et sa voiture pour un temps donné. Les prix et les conditions sont négociés de gré à gré.

Et tous ces déplacements ont lieu dans un indescriptible tohu-bohu de klaxons, de nuage de poussière et de vapeurs d’échappement !
Mais nous avons circulé sans problème grâce au sang froid et à la dextérité de Vincent, notre chauffeur.

Par Geneviève et Nicole
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